L’armée détaille les causes du crash des deux hélicoptères à Carcès en février 2018

Pour les enquêteurs du ministère des armées, il n’y a pas eu de défaillances techniques ou humaines, mais une accumulation de problèmes qui ont conduit au crash.

On sait désormais pourquoi deux hélicoptères de type Gazelle de l’armée de terre se sont percutés , près du lac de Carcès. Le crash, pendant un exercice, a causé la mort de cinq soldats, des instructeurs et des stagiaires. Le parquet de Marseille, en charge de l’enquête, lundi 14 janvier 2019, concluant à des causes « purement accidentelles » du drame. Ces causes, le ministère des Armées les détaille dans un rapport, pour les enquêteurs : « les causes de l’abordage relèvent principalement du domaine des facteurs organisationnels et humains, ainsi que de facteurs environnementaux [le soleil en l’occurrence]« .

Ce matin là,  les équipages des deux hélicoptères de type Gazelle ne font pas de briefing en commun. Les moniteurs ne disent pas à leurs stagiaires qu’un autre appareil s’envole, alors qu’ils partent pour la même zone. Autre souci, une procédure n’est pas respectée au décollage selon les enquêteurs : « Les hélicoptères décollent avec un espacement de l’ordre d’une minute et trente secondes au lieu des cinq minutes prévues. »

Quand les deux hélicoptères survolent le lac de Carcès, le soleil est rasant, le camouflage des appareils les confond avec le paysage boisé. Les moniteurs n’ont pas conscience de la position des hélicoptères l’un par rapport à l’autre. « Une fréquence de sécurité est prévue, mais son emploi n’est pas formalisé. Elle n’est affichée qu’à bord d’un seul des hélicoptères » note le rapport du ministère. À 8h36, la gazelle numéro 1 aborde un virage à gauche, le soleil éblouit les pilotes : ils sont en train de foncer sur la gazelle numéro 2. Dans le deuxième hélicoptère, l’équipage est surpris, il n’y a aucune alarme anti-collision à bord, il n’y a plus le temps de réagir. Le choc projette un appareil sur la départementale 24. L’autre hélicoptère s’écrase dans les bois, puis s’enflamme. Les cinq soldats décèdent. En conclusion, le rapport du ministère des Armées propose une série de recommandations pour qu’un tel accident ne se reproduise pas.